
« Et si la RSE sauvait le business? » C’est un titre provocateur, voulu par Gilles Wybo, le directeur de la rédaction de Stratégies (merci à lui), que nous avons choisi pour la conférence organisée le 10 avril dernier, en partenariat avec Macif et The Good Company. A l’heure où les normes environnementales sont remises en cause, aux Etats-Unis, en Europe, en France, il fallait oser affirmer que la responsabilité sociétale des entreprises (toutes les actions mises en oeuvre pour protéger les droits sociaux et l’environnement) était un atout pour la compétitivité. C’est pourtant ce qu’ont défendu les intervenants, chefs d’entreprises, responsables RSE, expertes qui ont participé à cette matinée. J’ai eu le privilège de la préparer et de l’animer.
Alban Gonord, directeur de l’engagement de Macif, Lise Lemonnier, son homologue de Bayer, Thomas Breuzard, directeur permaentreprise de Norsys, ont parlé de la place de la RSE dans l’entreprise. Ce dernier a expliqué comment la société fondée par son père a nommé un représentant de la nature dans son conseil d’administration, disposant d’un droit de vote et d’un droit de véto. J’en avais déjà parlé dans Stratégies.
Deuxième temps fort de la conférence, des dirigeants sont venus témoigner que l’on peut concilier les engagements et la réussite économique. Nicolas Chabanne, le truculent fondateur de C’est qui le patron?!, a rappelé la genèse de la marque qui rémunère justement les producteurs, lancée sans plan marketing mais avec « beaucoup de bon sens ». Anne-Catherine Péchinot et Laurent Boidi, directeurs généraux respectifs d’Easy Cash et de Photoweb, représentaient des entreprises moins attendues sur ce thème, mais qui ont su se transformer sans altérer leur rentabilité. Ces interventions ont été applaudies.
Une table ronde était consacrée au thème de la CSRD, la directive européenne sur le reporting extra-financier des entreprises qui fait l’objet d’une proposition de simplification de la part de la Commission européenne -un des nombreux exemples de recul sur les ambitions du « Pacte vert » européen. Dominique Royet d’Hyssop et Solène Garcin-Charcosset de Tennaxia, deux cabinets de conseil, ont rappelé l’esprit de la directive et en quoi elle est une aide pour la compétitivité à long terme des organisations. Sandrine Martin, directrice générale adjointe d’Osmaïa, société spécialisée dans la végétalisation urbaine, a apporté son témoignage personnel sur la façon dont la CSRD a été accueillie en interne et dont elle va continuer d’être mise en place malgré la simplification.
En bouquet final, Luc Wise, le président de l’agence de publicité The Good Company (qui travaille pour Macif, Monoprix, Reporters sans frontières…) a mis en garde contre les risques sociaux, environnementaux et de souveraineté de l’intelligence artificielle et appelé à un usage raisonné avec des solutions concrètes. Des solutions, c’est de cela dont il a été question tout au long de cette matinée et dont on a besoin face aux discours défaitistes. C’est aussi ce que je propose tous les mois dans la rubrique Transition de Stratégies dédiée aux entreprises qui se transforment.
Le replay de la conférence est à voir ici :
Et le compte-rendu dans le magazine :
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